Les petits mots de Marie 2020

Mai 2020

Tout un passage!
Un monde en effondrement?
La fin d’un monde? L’aube d’un nouveau?
Une humanité en grands chamboulements?
Les soubresauts de l’accouchement d’une nouvelle humanité?…
De toutes façons, on savait que ça ne pouvait plus durer comme ça.

Comme l’a si bien dit Fred Vargas, en 2018 déjà, « Nous y voilà, nous y sommes »
… Ah oui, franchement, on s’est bien amusés… on savait que ça ne pouvait pas durer… et on a continué… dans le mur… droit devant… au bord du gouffre… nous y voilà, nous y sommes. (Je vous invite à lire ce texte plein de sagesse et tellement visionnaire)

Drastiquement.

Un peu comme une future maman qui n’a pas fini de remplir son congélateur, de faire son ménage ou de préparer la chambre du petit à naitre…

Et les contractions commencent, d’abord faibles, douces, occasionnelles; elle peut alors se dire qu’elle aura le temps de tout faire; terminer ses dossiers au boulot, faire son nid pour accueillir son petit d’homme… et puis non, tout à coup, les contractions s’intensifient, se rapprochent, se régularisent…

On est début mars…
Les dossiers ne sont pas finis, pas encore de remplaçante pour prendre le relais, mais les contractions continuent de s’intensifier… plus de retour possible au travail, tant pis, les dossiers resteront inachevés, le bureau en désordre.

Nous voici mi-mars…
Le repos s’impose, car le petit devrait encore rester au chaud quelques semaines… alors la maman rentre et se repose, dès qu’elle se lève, les contractions reprennent de plus belle…Alors elle évite de se lever pour faire ce qu’elle n’avait pas eu le temps de faire…

Nous sommes maintenant fin mars…
Et  là les consignes sont claires, son col est effacé, et il s’ouvre tranquillement… Le petit doit rester encore au chaud quelques semaines, alors la maman obéit, elle s’allonge et ne sort plus de son lit… ça ne lui est jamais arrivé de ne pas pouvoir être libre de ses mouvements, de ne plus pouvoir bouger…  du tout…

On est début avril…
Son col continue de s’ouvrir à son insu, insidieusement, inlassablement, sans qu’elle ne puisse rien y faire…  l’abandon semble être la voie la plus sage. La plus positive, la plus constructive. Pour elle comme pour le bébé à venir.

Nous voilà mi avril…
Les contractions sont de plus en plus fortes, rapprochées, inconfortables, douloureuses même certains jours…

Chaque jour compte, chaque heure compte.

Nous sommes presque fin avril…

Je suis désolée, je ne connais pas l’aboutissement  de l’accouchement de cette maman.Je ne sais pas non plus si elle a donné naissance à un garçon ou à une fille, je ne connais pas la tonalité du postpartum… Accouchement de rêve ou césarienne? Forceps? Ventouse? Épisiotomie? Expérience de puissance ou triste déception?

Quelle traversée a été cette double naissance ?
Tout ce que je sais c’est que comme dans tout processus important, où il faut mourir à quelque chose pour naitre à autre chose, il y a eu dans cet accouchement une jeune femme qui est morte, pour faire place à une maman…
Pour le reste de sa vie.
La douleur comme souvent était présente…
La souffrance comme chaque fois en option.

Comme cette maman, nous sommes tous en train d’accoucher de nous même, d’une partie de nous même, ou d’une autre version de nous même…

Ce sera le cadeau de cette grande aventure qui nous a projeté dans le plus mystérieux des inconnus de notre existence.

Pas de modèles de nos ancêtres ni d’histoire sur la quelle se pencher pour se rassurer ou trouver une ligne directrice!
On peut bien s’apaiser à coups de « Ca va bien aller » ou de « On verra bien »

En attendant, au jour le jour, toute une opportunité nous est offerte de plonger au cœur de nous même, de sortir de nos automatismes et de se laisser surprendre par quelques potentiels inutilisés jusque là.

Oh bien sûr, il y en a qui ont l’habitude des contractions, il y en a même qui aiment ça; ce sont ceux qui ont célébré toutes les naissances qu’une vie peut comporter…

Il y a ceux  qui depuis des années cherchent à voir clair en eux-mêmes, ceux qui veulent à tout prix être la meilleure version d’eux même et qui savent ce que c’est que de traverser des tempêtes, boire la tasse et rejoindre le rivage.

Et puis ceux qui n’aiment pas trop les profondeurs et préfèrent rester sur la terre ferme, rester dans le connu, la routine et les habitudes… même si nous vivons tous à différents niveaux ces transitions plus ou moins profondes, de différentes manières.

On sait qu’une des lois de l’évolution est que l’ancien doit être déconstruit pour laisser place au nouveau. Et que cette période de déconstruction est souvent faite d’incertitude, d’instabilité voir d’inquiétude.

Nous sommes dans les grosses contractions;

Le confinement qui nous est demandé depuis maintenant presque 8 semaines peut nous permettre de découvrir une autre version de nous même ou d’attendre que les choses reprennent comme elles étaient avant… ce qui est peu probable car tout nous prouve que les aberrations d’un quart de l’humanité nous ont menés dans une impasse où il ne faisait plus bon vivre de toute façon.

Isabelle Padovani qui m’inspire beaucoup (les matins d’Isa) a lu cela l’autre jour :
« Vint un moment où il ne fût plus possible de revenir à la normale car il devint clair que la normale était ce qui avait généré le problème que l’on essayait de résoudre. »

Alors, voilà, à vous, à nous d’écrire tous ensemble la fin de l’histoire de cette naissance.
Je vous souhaite le silence intérieur pour y trouver la meilleure version de vous-même,
Je vous souhaite de merveilleuses surprises quitte à ce qu’elles chamboulent toute votre vie,
Je vous souhaite l’ultime épanouissement de votre être,
Je vous souhaite l’inspiration et l’élan de réaliser ce qui va émerger de vos profondeurs,
Je vous souhaite le plus beau des accouchements… de vous même,
Je vous souhaite de merveilleuses rencontres avec des facettes inconnues de vous même…Je vous souhaite la joie d’occuper votre juste place dans ce nouveau monde,
Je vous souhaite la découverte de votre unicité,
Je vous souhaite la beauté dans l’œil de celui qui regarde,
Je vous souhaite de trouver la paix intérieure et la foi en la Nature, afin que vos enfants s’y baignent et se déconfinent avec joie et confiance. Car n’oublions jamais qu’ils nous suivent dans nos états d’âme, ils nous sentent, nous devinent et nous imitent.…

Et que votre postpartum en ce temps de déconfinement soit à l’image de ce qui est cher à votre cœur.

Prenez soin de vous, et des gens qui vous entourent.

Bon printemps, oui, oui, il est là.

Marie

 

 

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