Les mots de Marie 2021

Bonjour à vous,

Février… déjà et surtout déjà presque 1 an que notre monde a basculé dans ce que certains ont nommé leur cauchemar et d’autres comme la plus merveilleuse des opportunités qu’ils ont rencontrée.
Où que nous soyons, aujourd’hui dans le processus d’acceptation ou de révolte en ce qui concerne notre quotidien il est primordial de se relier à ce qui nous fait du bien, et… à ce qui fait du bien à notre cerveau.

Boris Cyrulnik célèbre neuro psychiatre, nous met en garde quant à la dégénérescence de notre cerveau privé de lien et de présence avec nos semblables…
Il nous rappelle que nous ne sommes pas égaux au sein de la situation qui nous préoccupe actuellement.
Tout dépend de notre empreinte psychologique et émotionnelle avant l’agression que nous visons (confinement, peur d’attraper le virus, peur de le transmettre, peur de perdre un être aimé…)
S’il y a eu trauma dans l’enfance, précarité sociale, logement exigu, travail peu nourrissant et mal payé pour les parents… le traumatisme sera plus grand que si le socle familial est solide, que notre profession est stable et nourrissante et que nous vivons dans un logement qui permet à chacun de trouver son espace malgré le confinement…

Il nous rappelle que durant la grossesse si la maman vit du stress, le bébé absorbera les substances chimiques qu’elle produit (cortisol…) et que donc elle a à prendre soin de sa santé mentale et psychologique pour minimiser cette éventuelle agression.
Que durant la période pré verbale du bébé (donc avant +/- 3 ans) il ne souffrira que très peu de la situation si sa maman lui sourit, lui parle de ce qu’elle vit, si elle bouge et est elle-même en équilibre car il vit dans la bulle psycho émotionnelle de sa mère.
Que dès 3 ans lors de l’acquisition de la parole, tout va dépendre de la manière dont les parents vont parler de la situation, du virus, du confinement… l’enfant va forger sa confiance sur ce qu’il sent, ce qu’il entend et ce qu’il perçoit de ce que ses parents vivent. D’où l’importance de nommer clairement et simplement les choses de manière rassurante, sinon l’enfant risque d’imaginer le pire à partir de ce qu’on lui exprime en termes de dangerosité sans solutions ou de fantasmer sur des scénarios stressants si on ne lui en parle pas.

Quant aux adolescents qui ont toute ma compassion pour le moment car c’est une période de construction de « qui je suis au regard de l’autre »… sans ce fameux regard constructeur… il y a un gap entre les jeunes garçons et les jeunes filles.
Ces dernières généralement plus matures et développées psychologiquement de 2 ans sur leurs semblables mâles seront plus armées face à ce qui se passe présentement. Les jeunes garçons, déjà en fatigue de croissance… seront plus hypothéqués par le confinement et la privation sociale. Tenons en compte.

Merci Monsieur Cyrulnik pour cette analyse de nos petits et grands… elle nous invite à nommer les choses avec empathie et doigté. A identifier ce que nous vivons nous même et pouvoir mettre des mots sur nos états intérieurs afin de permettre à nos enfants de valider leurs sentis de ce qui se joue en nous.

Et je rajouterais à tout ceci, que les dernières découvertes en neuro science prouvent que notre qualité de vie est directement liée à la qualité de notre cerveau.
Que, et nous l’ignorions encore il y a peu, notre cerveau ne cesse de se développer et que le vieillissement n’est plus une avenue inéluctable.
Que la neurogénèse (fabrication de nouvelles cellules nerveuses) n’a pas d’âge et que notre qualité de vie dépend de cette plasticité.

Alors qu’est-ce qui favorise cette santé cérébrale?
Un bon sommeil, une bonne alimentation saine, une activité physique régulière, et de bonnes relations sociales.
C’est un bon début…
Étant donné la situation actuelle, il nous est demandé d’être créatifs quant à l’entretien de notre tissu social.
*Si vos amis sont à l’aise avec le 2 mètres en extérieur, prévoyez des rencontres ou des marches avec d’autres mamans ou des amis. Rien ne remplacera ces rencontres en présence… ni un zoom, ni un face time, ni un coup de téléphone… Et si vous connaissez des gens qui sont encore prêts à une bonne accolade avec ou sans masque… et bien soyons fous, lâchons-nous lousse. Et cultivez cette relation. (ceci n’engage que moi, et seulement moi )
Savez-vous que nous sommes la somme des 5 personnes que nous fréquentons le plus? Il est temps de revoir le cercle de nos relations surtout en ce moment quitte à le ré ouvrir plus tard…
*Lançons-nous des défis rigolos, un à un, si nous sommes éloignés… ça aussi ça crée du lien quotidien.
*Entretenons notre immunité naturelle par des gestes concrets afin de se sentir forts et protégés.
*Et n’oublions pas que le stress (pensées, alimentation, sommeil agité, relations toxiques, manque d’intérêt ou de variété dans nos activités…) est le premier agresseur de notre cerveau et qu’il diminue notre neurogénèse.
*Changez de route pour aller conduire les enfants à l‘école ou à la garderie, la nouveauté et l’exploration crée de nouveaux circuits qui favorisent la neuro plasticité et la création de nouvelles cellules nerveuses.
*N’oublions pas que les jeux vidéo de nos ados augmentent la neurogénèse (et oui!) mais pas plus de 45 minutes… car après ils auront l’effet inverse de dégradation de ces mêmes cellules.
*Commencer une nouvelle activité, un nouvel hobby, être débutant dans quelque chose rend notre cerveau plus performant et donc améliore notre qualité de vie.
*Changeons la configuration de notre maison ou appartement, sans nous lancer dans de grands travaux (la peinture c’était en mars avril dernier) juste pour amener de la nouveauté à nos neurones, ils frétillent juste à cette idée.
* Plus on a des comportements qui stimulent cette neurogénèse, plus on connaitra dans nos vies, de la joie, de l’amour et de la créativité.

Alors en ces temps particuliers, soyons fous, soyons créatifs, soyons inventifs, élargissons notre cercle même si… et rapprochons-nous des gens qui nous stimulent, nous permettent d’apprendre de nouvelles choses et nous invitent à être la meilleure version de nous-mêmes.

Bon mois de février à tous.

Marie

 

 

 

Vous désirez prendre rendez-vous?

Contactez-nous ou Prenez rendez-vous en ligne

Inscrire à l'infolettre de l'Odyssée